• Le plus beau métier du monde (si, si)

    Cette rubrique se nommait à la base:

    "Messages d'espoir façon Bisounours". 

    Mais depuis quelques jours, le Bisounours qui sommeillait en moi s'est réveillé et complètement radicalisé peut-être à cause des biais des réseaux sociaux, je ne sais pas ;-)

    Parce que depuis 14 ans que je fais ce métier et surtout depuis les quelques mois où j'en parle par écrit, je réalise que je suis complètement tiraillée, comme coupée en deux...

    Je passe en 2 secondes et demi de la colère la plus froide (généralement en lisant/écoutant les médias ou des Instructions Officielles ou des mails retrouvés parmi les 319 non lus) à la joie la plus intense quand parfois (souvent) je me dis:

     

    Aaaaaahhhh, comme quoi on fait du bon boulot

    avec les collègues

    et/ou avec les parents

     

    Cependant (et c'est pas nouveau) peu importe que le verre  soit à moitié plein ou à moitié vide, l'important c'est qu'il en reste dans la bouteille...

     

    Alors bien sûr, cela ne m'empêchera pas de pousser des petites beuglantes quand on me jouera un peu trop de Pipo, mais à partir d'aujourd'hui, je rechausse mes lunettes bleues ET mes lunettes roses...

     

    Le plus beau métier du monde (si, si)

     

     

     

    Joan Baez a dit:

    "l'espoir est contagieux,

    comme le rire"

  • Hey Parent...

     

    Est-ce que toi aussi t'as l'impression comme moi que ça y est... winter has come?

    ... que notre monde est en train de s'effriter...

    ...que notre société a, comme prévu, fini par s'auto-saborder?

    Et que nous sommes simplement en train de colmater les brèches tant bien que mal?

    Es-tu inquiet, en colère, angoissé, furieux, abasourdi, impuissant ?

    Es-tu désireux de te rebeller, de pousser des cris, de manifester ton désaccord, de hurler, d'agir, de pétitionner, de désobéir, de t'opposer?

     

     

    Eh bien, devine qui canalise à merveille ce genre de désirs et de pulsions... qui accepte, qui s'adapte, qui regorge d'un stock infini de résilience...qui continue de jouer, de sourire, de s'émerveiller, de s'étonner, d'apprendre, d'écouter, d'obéir, de travailler, de rire, de penser, de réfléchir...

    ...sans se décourager, sans baisser les bras, sans perdre espoir...

    Ben oui: c'est ton môme, c'est le mien, ce sont nos enfants...

    ...ceux qu'on peut affubler de masques ou faire respecter une minute de silence complet et qui parviennent malgré tout à garder insouciance, joie de vivre et optimisme...

     

    J'ai souvent dit que j'exerçais le plus beau métier du monde, je mesure d'autant plus la chance que j'ai actuellement, non seulement au vu de la catastrophe économique et sociale que vivent tous les salariés et le petit patronat, les intermittents du spectacle et les artisans mais également la chance sur un plan purement humain...

    Qui, en ce moment, peut se lever le matin et savoir que sur son lieu de travail, il va puiser de l'énergie, une force incommensurable et des myriades de sourires hormis ceux qui bossent auprès des enfants?

     

    Alors oui, bien sûr, de l'énergie on en laisse aussi, les conditions sont très loin d'être idéales et nous devons continuer de les dénoncer mais ce que nous devons surtout, ce que nous leur devons à eux c'est de continuer d'avancer.

    Ne pas baisser les bras, ne pas se dire que c'est seulement "la faute à", ne pas laisser la haine et la colère nous ravager...

    Nous leur devons de rebondir, de réinventer, de créer du lien, de les accompagner surtout, dans ce nouveau monde qu'on va leur laisser et de les outiller du mieux que possible pour qu'ils réussissent là où, nous, on a manifestement échoué...

     

    Je ne dirai pas dans cet article toutes les inquiétudes que j'ai quant à ces masques imposés, je tairai aussi mon appréhension des écoles fermées, je voulais simplement partager aujourd'hui avec toi Parent et/ou toi Enseignant ces quelques images:


     

    ... simplement te rappeler que nos enfants ressentent de la joie, de la tristesse, de la colère, de l'inquiétude... que nos enfants nous observent et nous écoutent... Alors, accompagnons-les, donnons-leur la possibilité de s'exprimer et les clefs pour le faire...                      

     

    N'oublions pas que la Vie est comme une auberge espagnole: on y trouve ce qu'on y apporte... Et je pense vraiment qu'on peut encore croire que les choses ont du sens, que même dans la pire des tourmentes on peut trouver un radeau, que l'Humain  et la Nature parviendront un jour à cohabiter et que tout est une question de juste équilibre à trouver...et de limonade...

     

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  • Quand le fameux protocole sanitaire est tombé ce 29 avril 2020, j’ai été, comme nombre d’enseignants, complètement abasourdie…

     

    Ecole en forêt...

     

    Il faut dire que l’ensemble de ma pédagogie repose sur la manipulation, la libre circulation des élèves dans la classe, l’autonomie (clique ici si tu veux en savoir plus ) donc l’idée de faire venir mes élèves en classe pour qu’ils restent assis sagement à leur bureau en faisant des fiches c’était juste… pas possible. Quant à celle de désinfecter chaque objet manipulé, c’était totalement irréaliste aussi. Passer mon temps à faire le gendarme pour faire en sorte qu’ils respectent la distanciation sociale : merci mais: not my job…

     

    J’étais donc plutôt désespérée quand je suis tombée sur un article suggérant de profiter de ces conditions particulières pour faire un truc donc beaucoup d’enseignants rêvent sans jamais avoir osé se lancer : la classe dehors ! Et là vraiment ça a fait tilt !

    Ecole en forêt...

    Ni une, ni deux, je l’ai proposée au collègue dont je savais pertinemment qu’il me suivrait les yeux fermés et vraiment, Parent, sans me vanter, c’est une des meilleures initiatives de ma vie d’instit. 

     

    Nous avons la chance d’avoir une forêt à deux kilomètres de l’école, les propriétaires ont été enchantés par l’évocation de notre projet et nous avons donc passé les dernières semaines de cette année scolaire 2019-2020 trois matinées par semaine en forêt…

     

    Trois matinées par semaines, nous avons fait de l’EPS, du français, des maths, des sciences, des arts et de l’éducation civique et morale dans la forêt. (On a commencé à élaborer un Padlet, ça peut vous donner quelques idées...) 

     

    Et comme plusieurs autres enfants, j’ai chopé des tiques.

    J’ai chopé des tiques mais ça valait le coup…

     

    Ça valait le coup pour voir mon élève de dix ans manipuler la scie et échafauder les plans d’une cabane plus balèses que sur Koh Lanta… Ce même élève qui n’arrive toujours pas à écrire une phrase compréhensible malgré tous ses efforts….

     

    Ça valait le coup pour voir ma petite M, si fragile et si menue, atteinte d’une maladie orpheline très rare en France, affronter bravement les insectes et les araignées…

     

    Ça valait le coup pour voir ces deux élèves, un d’ULIS, un de CE2, s’entraider et s’apprendre mutuellement, ne comptant plus sur un enseignant pour les guider et les épauler puisqu’ils s’étaient l’un l’autre trouvés….

     

    Ça valait le coup pour entendre cette petite fille timide de CE2 prendre la parole devant toute une classe de CM2 et leur expliquer comment ça fonctionnait dans « notre » forêt…

     

    Ça valait le coup pour voir mon inspecteur débarquer avec son pantalon droit et son ordinateur portable et s’asseoir sur la souche d’un arbre…

     

    Ça valait le coup pour voir tous ces élèves évoluer librement et bien souvent silencieusement et utiliser naturellement boussole, décamètre, impératif présent, fougères et solidarité.

     

     

     

    Oui, décidément, je suis prête à servir de festin à toutes les tiques du canton pour pouvoir à nouveau voir des élèves apprendre en donnant du sens, palpable et concret et en y prenant autant de plaisir que moi à enseigner…

     

    Ecole en forêt...

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  • Les effets positifs du confinement

     

    Ma Reine-des-neiges est une enseignante comme il en existe des dizaines de milliers: pétrie d'incertitudes, parfois décontenancée par l'hétérogénéité, soucieuse de l'individualité de ces petits êtres qui lui sont confiés. 

    Mais cette confiance qui lui est accordée a été trop souvent remise en question. 

     

    Ma Reine-des-neiges peut paraître froide mais c'est uniquement parce qu'elle a besoin de se protéger. 

     

    Comment choisit-on ce métier ?

    Qu'est-ce qui nous a poussés à devenir enseignants?

    Nombre d'entre nous n'ont, malgré les années, pas vraiment de réponse à cette question... (j'en ai pour ma part ébauché une ici)

     

    Nous serions soi-disant des hussards, fiers, braves et, en toute logique, sûrs de nous donc.

    En réalité, il en faut peu pour nous déstabiliser: les injonctions contradictoires de notre hiérarchie, les attaques fréquentes de certains parents, les réactions imprévisibles des enfants, le regard pas toujours bienveillant de certains collègues ou de nos proches, parfois...

    Parce que non, les enseignants ne sont pas des fiers-à-bras, ne se considèrent pas comme supérieurs aux autres et uniques détenteurs d'un prétendu savoir. Et en général, ils n'ont pas attendu mars 2020 pour considérer les infirmières, les aide-soignants, les caissiers, les postiers...

    La plupart du temps, ils se considèrent comme les maillons d'une chaîne et ils font de leur mieux pour incarner un petit anneau à la fois souple et solide.

     

    Et c'est l'un des effets très positifs de ce confinement: le jour s'est enfin levé sur l'utilité de chaque maillon. 

    Les effets positifs du confinement

     

    Cette phrase n'est plus une simple suite de mots. Le lien social, le lien humain, vital et nécessaire, se retrouve partout en ce moment: dans le voisinage comme sur les réseaux sociaux. 

     

    Les effets positifs du confinement

     

    Je ne connais pas l'histoire du Papa qui a écrit cela à ma Reine-des-neiges mais je sais bien que sans ce confinement, il n'aurait sûrement pas pu voir tout ce qu'elle fait au quotidien pour son enfant. Il serait sûrement resté bloqué, de l'autre côté du portail, enfermé dans ses préjugés issus de son propre vécu d'enfant. 

     

    Avec ce confinement, finalement, les classes se sont enfin ouvertes, les parents sont entrés et se sont pour la plupart rendu compte qu'on était bien...                        .... du même côté.

     

    Voici une belle leçon de Vie qu'il ne nous faudra pas oublier. 

     

    Les effets positifs du confinement

     

     

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  • Et voilà Parent, cela fait à peine quinze jours que l’École a fermé...

    Quinze jours... c’est seulement la durée de ces fameuses petites vacances scolaires si controversées...

    Quinze jours c’est déjà ça de gagné pour que la Terre puisse à nouveau respirer... et c’est généralement suffisant aux êtres humains pour se ressourcer... puis reprendre la routine de leur métier.

    En manque de fourmilière

     

    Seulement voilà, j'ai beau bénir chaque jour la chance que j’ai d’être auprès de mes enfants, que mon mari et eux soient en bonne santé, que nous ayons accès à un jardin et à une forêt...

     

    ... je dois pourtant t'avouer Parent, que je me languis de ma fourmilière...

    En manque de fourmilière

    Nos 320 élèves nous ont pourtant souvent pompés et nous autres enseignants nous plaignons souvent que notre énergie vitale soit aspirée par ces petits vortex, mi-tornades mi-cannibales...

    Je remercie les écrans de me permettre de voir les lamentations touchantes et rigolotes des parents qui promettent que plus jamais il ne critiqueront les enseignants...

    Je remercie les écrans et l'hyperconnectivité qui me permet de rester en contact avec mes élèves, mes amis, ma famille, les gens que j'aime...

    Les écrans sont en cette période un lien social extrêmement paradoxal et c'est depuis longtemps quelque chose qui me permet de m'exprimer. Mais je ne parviens pas à les aimer...

     

    Et puis voilà, moi j’avais pas choisi ce métier-là, ce métier où tu passes ta journée assis devant l'ordi... mon arrivée au « bureau » était bien plus vivifiante et chaleureuse que pour la plupart de mes congénères et c'est quelque chose que je revendiquais et appréciais... Mon métier à moi c'est souvent de rester assise et de profiter de ça:

    En manque de fourmilière

     

    Parce que Rousseau avait raison: l'être humain est naturellement bon... c'est en grandissant qu'il se corrompt.

     

    Alors je sais, Parent, que c'est pas facile, que nos enfants ont un don pour nous faire sortir de nos gonds, qu'ils savent parfaitement appuyer sur le bouton qui nous fera dégoupiller...On le sait tous tout simplement parce qu'on a fait pareil avant...

    En manque de fourmilière

     

    Internet et les réseaux sociaux regorgent désormais de conseils et tutos en tout genre promettant de nous apprendre à gérer nos enfants et à leur enseigner jusqu'à 16 années de programmes scolaires divers et variés... Tant mieux, tant mieux... N'oublions pas quand même que nos enfants ont avant tout besoin du lien social, du lien affectif et d'amour tout simplement...

    En tant qu'enseignante et maman, voici donc le seul conseil que je me permettrais et qui bien sûr n'est pas de moi: Maître, apprenez à votre élève à aimer tous les hommes, et même ceux qui le méprisent ; faites en sorte qu'il ne se place dans aucune classe, mais qu'il se retrouve dans toutes. Parlez devant lui du genre humain avec attendrissement, avec pitié même ; mais jamais avec mépris: homme, ne déshonore point l'homme.
    Jean-Jacques Rousseau ; Émile, ou De l'éducation (1762)  

     

    Et oui, je sais que le jeune Jean-Jacques ne fut finalement pas un père exemplaire... devenir la personne que l'on veut être n'est pas un chemin aisé.

     

    Aujourd'hui, je voulais seulement te dire, Parent, que même si souvent ces fainéants d’enseignants sont présentés comme des cigales, ils kiffent généralement autant les fraises que les fourmilières...

    En manque de fourmilière

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  • HEY LECTEUR !!!

    Es-tu aussi ému que moi à l'idée que ce bébé blog fête sa première année de Vie?!?!?!?

    UN AN DÉJÀ !!!

     

     

    Bon j'imagine que non...

    ...mais j'espère que cet article te permettra de rêver, tout comme j'adore le faire de temps à autre...

    Et je dois dire que cet espace de parole que je me suis octroyée est devenu à la fois mon exutoire et mon petit antidote à la morosité... Alors merci à toi Lecteur, de lire et parfois pUN AN DÉJÀ !!!artager ces confessions, ces coups de gueule et ces déclarations...

     

     

     

    Le tout premier commentaire du tout premier article de ce blog était (à peu près) le suivant: 

     Avec toi et envie d’engager une réflexion commune... alors je suggère une piste pour un futur post :

    « L’école idéale selon mélusinedac ! »

     

    Il me faudra sûrement encore quelques années d'expérimentation avant de pouvoir définir l'école de mes rêves... mais pour te décrire la classe de mes rêves, c'est bon, j'y suis Lecteur... es-tu prêt?

     

    C'est parti: 

    UN AN DÉJÀ !!!

    UN AN DÉJÀ !!!

    - Un enseignant dit « classique », avec une formation de l’école normale, de l’IUFM ou de l’ESPE ou même de l’INSPE car en fait le nom, ça, je m’en contrecarre…

    - et un enseignant « spécialisé » qui a suivi une formation spécifique (volontairement bien évidemment) afin d’exercer auprès d’élèves en situation de handicap.

    UN AN DÉJÀ !!!

     

    Mais comme on est nombreux à le constater, il ne suffit pas de décider d'être inclusif pour pratiquer réellement l'inclusion

    (il faut juste de la volonté ET quelques moyens en fait)

     

    Et c’est pour cela que dans la classe de mes rêves, il y a aussi deux autres adultes : des AESH (ou AVS on s'en contrecarre également) dont le métier est reconnu et la formation solide. Ces AESH ne sont ni collectives, ni mutualisées, ni individuelles : elles peuvent passer sans transition d’un rôle à l’autre en fonction des besoins des élèves et des demandes des enseignants.

    Car après quatorze années dans le métier dont neuf dans le spécialisé, j’ai bien constaté que les élèves porteurs d’un trouble ou d’un handicap n’ont pas nécessairement toujours besoin d’un adulte assis à leurs côtés…

     

    Ils ont besoin d’un adulte qui s’adapte : qui va tantôt reformuler, remontrer, cadrer, épauler, tantôt laisser agir, laisser prendre confiance, laisser devenir autonome...

    ...laisser évoluer en fait... tout simplement.

     

     

    Quant aux nombres d'élèves...

     

     

     

     

     

     

    ... suspense insoutenable...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ... selon moi, le nombre idéal d'élèves dans une classe  est:

     

     

     

     

     

     

     

     

    UN AN DÉJÀ !!!

     

     

     

     

     

     

     

     

    UN AN DÉJÀ !!!

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