Lien enseignants/parents, questionnement de parents vis-à-vis de l'école
C’est en pleine rédaction des livrets de fin d’année et alors que j’achevais le dernier compte-rendu concernant l’une de mes jeunes stagiaires enseignantes il y a quelques jours que je réalisais à quel point ces écrits avaient pris le pas depuis deux ans sur les autres.
Cela fait en effet une éternité que je n’ai pas publié d’article sur ce blog et la rédaction de mon livre (Être et rester enseignante) me semble être un lointain souvenir.
En revanche je ne compte pas pour cette année scolaire les heures passées à rédiger des dossiers de signalement au RASED, aux services sociaux, des écrits préparatoires aux équipes éducatives, des livrets d’évaluation, des comptes-rendus de visite aux stagiaires, des rapports de tuteurs, des PPRE, PAP et autres insupportables acronymes de notre très chère Éducation Nationale.

Alors oui, plusieurs personnes m’ont déjà dit qu’un certain Chat (GPT) pourrait devenir mon meilleur ami, mais que veux-tu? je suis vieux jeu, écolo quand je peux et puis méfiante aussi.
Mais il y a deux entités dont je ne me suis pas suffisamment méfiée :
l’Education Nationale d’un côté
et mon dévouement à ce métier de l’autre.
Pourtant, si tu as lu mon livre, tu dois savoir que la vie m’a donné quelques raisons de développer un minimum de vigilance, vigilance tout de même présente puisque c’est elle qui me conduit à prendre la décision de cesser mes fonctions de formatrice, commencées il y a deux ans à peine, mais qui me paraissent trop difficilement cumulables avec mon premier métier, que je suis bien incapable de faire à moitié.
Il faut dire que je n’ai pas eu de chance cette année et que ma cohorte d’élèves a été très particulière. Mais combien sommes-nous d’enseignants chaque année à devoir faire face à des enfants autistes non-diagnostiqués et pour lesquels nous ne recevons aucune aide, aucun conseil de l’extérieur, à des élèves allophones pour qui nous sommes censés entièrement différencier les activités proposées, à des enfants en détresse qui parviennent heureusement à exprimer leurs angoisses mais face à qui nous sommes encore trop isolés, à des parents mécontents dont l’ego blessé conduit à exiger des choses insensées ? Oui, cette année j’ai cumulé mais j’ai l’immense chance d’avoir été soutenue par mes collègues et par ma hiérarchie directe.
Cependant, ma colère contre la hiérarchie plus haute et plus éloignée reste entière car nos conditions d’exercice, les heures passées en administratif, le manque de sens donné à certaines directives, à certaines formations, à certains fonctionnements reste lui aussi entier.
Alors en septembre, je repars à 100%, je reprends ma classe et garderai les niveaux que je connais maintenant depuis six années. J’espère que cette expérience me laissera du temps pour souffler un peu, pour me recentrer, pour écrire, encore et encore, parce que ça me fait du bien d’abord, parce que c’est un bon moyen de reconnecter et parce que, peut-être, certains de mes écrits te parleront...😉
